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Bras de fer éthique en Suisse romande: quand la démission devient un acte impossible

todaymai 24, 2026 1

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Bras de fer éthique en Suisse romande: quand la démission devient un acte impossible

Le mardi 19 mai a été le théâtre d’un symbole fort en Suisse romande. Simultanément, deux événements d’une portée similaire se déroulaient: le Conseil municipal de Genève délibérait sur l’avenir de Séverine Chavrier à la tête de la Comédie, tandis que l’assemblée générale du Centre Vaud abordait le cas de sa ministre Valérie Dittli. Dans les deux situations, la classe politique a consacré pas moins de cinq heures à ces séances, un temps considérable qui s’ajoute aux ressources déjà englouties par ces dossiers devenus emblématiques.

Ce qui interpelle avant tout, c’est l’entêtement manifeste face aux graves reproches formulés depuis de longs mois à l’encontre de ces deux figures d’autorité. Malgré des affaires menaçant l’équilibre même de leurs institutions, allant jusqu’à prendre des allures de véritables crises d’État, un refus catégorique de démissionner persiste. Cet attachement au poste, au-delà de toute reconnaissance des dommages causés, soulève des questions fondamentales. En effet, la réalité est frappante: on démissionnerait pour bien moins que cela, et rien ne semble justifier un tel acharnement, à un tel prix.

La résistance à la démission a été poussée à un degré d’absurdité. Peu importe si le monde s’effondre, si les institutions vacillent, si les plaintes et les rapports s’accumulent. Peu importe le temps record consacré à ces dossiers (au détriment d’autres affaires citoyennes), ou l’argent des contribuables dilapidé en rapports, frais d’avocats et attention politique démesurée. Dans ces deux cas, refuser de démissionner est devenu un intérêt supérieur, un étendard, presque un badge d’honneur. Cette attitude remet en question la notion même de responsabilité et d’éthique, ainsi qu’une certaine idée du service public et de la reddition de comptes, qui semble s’être perdue au profit d’intérêts personnels prééminents dont la légitimité peine à être saisie.

Bien sûr, il est évident que les dirigeantes en question ne sont pas les uniques responsables des crises qui les touchent. Cependant, ce qui peut leur être attribué factuellement justifierait amplement un départ. Leurs institutions s’en trouvent paralysées par des situations à ce point dégradées. Il est d’ailleurs paradoxal de constater que plus le rejet à leur encontre a été grand, plus elles se sont arc-boutées sur leurs positions et leur pouvoir. De leur côté, les institutions elles-mêmes se sont montrées incapables de se défaire de ces figures dirigeantes, malgré l’intense écho politico-médiatique, le climat de conflit délétère en interne, les ruptures de communication, l’impossibilité objective de travailler et le gaspillage inédit de ressources institutionnelles, juridiques et politiques.

Écrit par: me@sebastiendebollivier.com

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