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Le syndicat Syndicom a lancé une offensive le 18 mai, dénonçant avec véhémence les conditions de travail des livreurs d’Uber Eats en Suisse. Suite à une action de sensibilisation menée à Zurich, le syndicat pointe du doigt des situations jugées précaires, remettant en question la légalité des pratiques du géant de la livraison. Cette démarche vise à mettre en lumière les défis auxquels sont confrontés les coursiers sillonnant les routes helvétiques.
Au cœur des préoccupations de Syndicom se trouvent le paiement à la livraison, l’absence de contrats de travail en bonne et due forme et une protection sociale jugée insuffisante. Le syndicat exige ainsi un alignement sur le droit du travail suisse, arguant que les pratiques actuelles d’Uber Eats créent une concurrence déloyale pour les entreprises respectueuses des réglementations helvétiques. Urs Zbinden, secrétaire central de Syndicom, a d’ailleurs rappelé avec fermeté que «les lois suisses valent aussi pour les grands groupes internationaux».
Fort du précédent établi par les cantons de Vaud et Genève, qui ont déjà exigé des postes fixes pour les livreurs, Syndicom exhorte les autres cantons à prendre leurs responsabilités. Le syndicat réclame un salaire horaire fixe et décent, des congés payés, une protection sociale renforcée et l’adhésion à la Convention collective de travail (CCT) pour les coursiers, afin de garantir des conditions équitables pour tous les acteurs du secteur.
Contactée, l’entreprise Uber Eats a tenu à défendre son modèle, affirmant prendre au sérieux les conditions de travail de ses livreurs. Le groupe met en avant une collaboration avec 4400 restaurants et des milliers de partenaires de livraison indépendants en Suisse. Selon Uber Eats, la flexibilité est la raison principale pour laquelle ces livreurs choisissent d’utiliser l’application, souhaitant conserver leur statut d’indépendant. L’entreprise assure son engagement à améliorer les conditions des travailleurs indépendants tout en soutenant l’économie locale.
Uber Eats insiste sur le fait que ses partenaires peuvent travailler pour d’autres services, y compris des concurrents, et qu’ils ne sont soumis à aucun horaire ou nombre d’heures minimum. Cette autonomie leur permettrait d’être «leur propre patron» et de gérer leur emploi du temps. L’entreprise précise d’ailleurs que 52% des livreurs utilisent l’application moins de 20 heures par semaine, avec une moyenne d’activité de 13 heures hebdomadaires, illustrant ainsi la nature complémentaire de cette activité pour beaucoup.
Écrit par: me@sebastiendebollivier.com
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