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Longtemps confinée aux récits de science-fiction, l’idée de véhicules volants se concrétise aujourd’hui sur l’eau. La jeune pousse valaisanne Mobyfly, fondée par Sue Putallaz, Anders Bringdal, Ricardo Bencatel et Thomas Putallaz, est en passe de révolutionner le transport maritime avec ses hydroptères électriques. La start-up vient de réaliser un tour de financement de série A impressionnant, levant plus de 10,1 millions de francs, une somme qui doit accélérer l’industrialisation de cette technologie d’avant-garde.
Au cœur de cette innovation réside la technologie Hydrofoil : à partir d’une certaine vitesse, la coque des navires se soulève littéralement hors de l’eau, ne laissant que les ailes immergées. Ce principe ingénieux permet une réduction drastique de la consommation d’énergie, jusqu’à 80% par rapport aux ferries diesel traditionnels. Au-delà de l’efficacité énergétique, les bénéfices environnementaux sont majeurs : zéro émission de CO2, une nette diminution du bruit et une formation de vagues quasi inexistante. Mobyfly prévoit de livrer cette année sa navette compacte MBFY-S (12-20 passagers) et vise 2028 pour le modèle MBFY-M, capable d’accueillir jusqu’à 120 personnes.
Malgré ce succès retentissant, un défi de taille se dresse sur la route de Mobyfly : la certification. Le premier bateau officiellement certifié ne naviguera probablement pas sous pavillon suisse, mais français. L’Office fédéral des transports suisse ne devrait pas être en mesure de certifier de nouvelles technologies, dont celles de Mobyfly, avant 2027. Une lenteur administrative qui contraste avec l’agilité d’organismes privés français comme Bureau Veritas. Pour Sue Putallaz, la fondatrice, cette situation est amère : « En tant que Suissesse, cela me fait mal de savoir que le premier navire certifié ne naviguera probablement pas sous pavillon suisse ». Elle alerte sur le risque que la Suisse, dépourvue de matières premières, perde sa seule valeur ajoutée : son esprit d’innovation, s’il ne peut être développé sur son propre territoire.
Face à la concurrence qui investit dans ses propres chantiers navals, Mobyfly se positionne comme une entreprise purement technologique. La start-up valaisanne n’entend pas construire ses propres sites de production, mais plutôt intégrer son savoir-faire chez des partenaires. Cette stratégie permet un développement mondial plus rapide et avec un capital moindre, selon Sue Putallaz. Une approche qui souligne la capacité d’innovation et l’ingéniosité de l’écosystème suisse, même si les cadres réglementaires peinent parfois à suivre le rythme de ces avancées technologiques.
Écrit par: me@sebastiendebollivier.com
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