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Neuchâtel: Quand la barrière des langues frôle la catastrophe ferroviaire

todayjuin 16, 2026 2

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Neuchâtel: Quand la barrière des langues frôle la catastrophe ferroviaire

En août 2025, la Suisse a retenu son souffle alors qu’une collision frontale entre deux trains CFF était évitée de justesse à Neuchâtel-Vauseyon. Un train de marchandises et un convoi régional à vide se sont retrouvés face à face, ne s’immobilisant qu’à 50 mètres l’un de l’autre après un freinage d’urgence dramatique. Ce qui aurait pu être une tragédie ferroviaire majeure s’est avéré être le symptôme d’un problème bien plus profond que la simple défaillance technique, mettant en lumière des enjeux cruciaux de sécurité.

Selon le rapport du Service suisse d’enquête de sécurité (SESE), l’origine de cet incident n’est pas à chercher dans une panne matérielle, mais bien dans une incompétence linguistique alarmante. Deux mécaniciens germanophones, ayant mal interprété une manœuvre de triage, se sont engagés sur la mauvaise voie. Leurs tentatives de clarification par radio avec le centre d’exploitation francophone des CFF à Renens ont tourné court: confrontés aux avertissements urgents, l’un des conducteurs a répété à plusieurs reprises «pas compris», demandant un interlocuteur germanophone. La réponse du régulateur romand fut sans appel: «Personne ne parle allemand sur ce secteur».

Qualifiant la situation de «bordel monstre», le régulateur romand a perçu l’imminence du danger. C’est l’intervention providentielle d’une tierce personne, maîtrisant l’allemand standard, qui a finalement permis de dissiper le malentendu et d’écarter le risque de collision. Cet événement met en lumière les limites des exigences linguistiques actuelles des CFF: si les mécaniciens respectaient le niveau A1 requis, complété par un vocabulaire spécifique, le SESE a conclu qu’ils n’étaient «pas en mesure de gérer la situation de manière sûre en français officiel».

Face à cette situation critique, le SESE estime que les exigences linguistiques internes des CFF sont insuffisantes et ne satisfont pas aux normes légales de sécurité. L’organisme recommande instamment à la Confédération de revoir et de contrôler l’efficacité de ces prescriptions au sein des entreprises ferroviaires. L’Office fédéral des transports (OFT) a d’ores et déjà annoncé qu’il intensifierait ses contrôles des compétences linguistiques des mécaniciens. Du côté des CFF, bien que l’incident soit qualifié d’isolé, la direction assure prendre les conclusions de l’enquête «très au sérieux» et s’engage à réévaluer ses critères linguistiques et à sensibiliser davantage ses collaborateurs.

Écrit par: me@sebastiendebollivier.com

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