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Retour en fanfare pour Bienne : la Fête Fédérale de Musique défie les éléments

todaymai 12, 2026

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Retour en fanfare pour Bienne : la Fête Fédérale de Musique défie les éléments

La ville de Bienne s’apprête à vibrer au son de la 35ème Fête Fédérale de Musique, un événement d’envergure qui réunira pas moins de 24’000 musiciens. À la tête de cette organisation colossale, nous retrouvons Pascal Schafer, figure emblématique de la scène musicale biennoise. Fribourgeois d’origine, ce tubiste émérite, également enseignant et chef d’orchestre, dirige avec passion la Musique de la Ville de Bienne depuis 2008, fort d’une victoire notable à la précédente édition de Montreux en 2016.

Si une imposante clé de sol en acier galvanisé, œuvre de l’artiste bernois Housi Knecht, trône fièrement devant la gare, le véritable symbole de cette édition pourrait bien être la « harpe aquatique » installée au Palais des Congrès. En effet, des prévisions météorologiques peu clémentes annoncent pluie et froid pour l’Ascension, avec des températures ne dépassant pas les 13 degrés. Pascal Schafer ne cache pas son inquiétude : « Pas de souci pour les concours, qui se disputeront en salle, mais un cortège sous la pluie, ça ne va pas ! » Le défilé du samedi, moment fort et visuel de la fête, est ainsi sérieusement compromis, les instruments en bois étant particulièrement vulnérables à l’humidité.

Cette édition revêt une importance particulière, marquant le retour de la Fête Fédérale de Musique après une interruption due à la pandémie de Covid-19 et le désistement d’Interlaken. Bienne reprend le flambeau, un demi-siècle après avoir accueilli l’événement, sous l’égide de l’Association Suisse des Musiques (ASM) du 14 au 17 mai. Loin d’être une simple « fête de la musique » ouverte à tous les genres, il s’agit d’un rassemblement des fanfares du pays. Pascal Schafer s’attache d’ailleurs à redorer l’image de ce terme, souvent perçu péjorativement en Suisse romande, préférant l’appellation d’« orchestre à vent », soulignant sa parenté avec l’orchestre symphonique et son éloignement des marches militaires. Si la Garde Suisse Pontificale et l’Armée Suisse seront présentes, le public pourra aussi découvrir des sonorités jazz, funk, pop ou balkaniques.

Au-delà des défis météorologiques, la performance en défilé présente ses propres complexités. Pascal Schafer souligne la difficulté de « tenir les notes en marchant », particulièrement avec une petite embouchure ou pour des instruments comme le hautbois qui ne peuvent fixer de partition. L’aspect visuel n’est pas en reste : l’uniforme, longtemps boudé, retrouve ses lettres de noblesse. « C’est quand même beau, non, une identité visuelle ? Les jeunes y reviennent », confie l’enseignant du conservatoire. Les modes instrumentales évoluent également : si le tuba et la trompette ont le vent en poupe, le saxophone marque le pas. Enfin, la féminisation des fanfares est une réalité réjouissante, avec de plus en plus de femmes s’illustrant même sur des instruments traditionnellement masculins, comme le tuba.

Écrit par: me@sebastiendebollivier.com

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