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L’imminence du sommet du G7 à Genève génère déjà une vive tension, bien au-delà des potentielles scènes de rue. Au sein même de l’arène politique locale, les factions de gauche et de droite s’engagent dans une guerre de déclarations, chacune cherchant à imputer à l’autre la responsabilité d’un éventuel débordement lors de la manifestation anti-G7. Le débat s’est ainsi déplacé du simple tracé du parcours de la protestation vers une interrogation plus fondamentale: qui tirerait profit d’une escalade de la situation?
Du côté de la gauche, la coalition No-G7 et plusieurs élus socialistes pointent du doigt les partis de droite, notamment le PLR et l’UDC. Ils les accusent de souffler sur les braises en réclamant des restrictions excessives, voire de souhaiter une « répression violente » pour discréditer le mouvement contestataire. Le député Matthieu Jotterand (PS) a notamment fustigé une droite jouant les « pompiers pyromanes », affirmant que la posture responsable consisterait à encadrer la manifestation pour qu’elle se déroule dans les meilleures conditions, comme tant d’autres événements majeurs à Genève. L’interdiction du Pont du Mont-Blanc, axe historique des cortèges, est perçue comme une décision éminemment politique plutôt que sécuritaire, alors que des concessions étaient, selon eux, envisageables.
La droite, quant à elle, rejette fermement ces allégations, les qualifiant de « pathétiques » et dénuées de fondement. Lionel Dugerdil, président de l’UDC Genève, martèle que les manifestations qui dégénèrent « tuent leur message » et que la gauche fait preuve d’irresponsabilité en ne voulant pas assumer les conséquences potentielles. Il insiste sur la nécessité de protéger les citoyens et les commerces, affirmant que le droit de manifester ne doit pas effacer les autres libertés fondamentales. Pierre Nicollier, président du PLR Genève, balaie également l’idée que son parti souhaiterait des débordements, insinuant plutôt que ces accusations servent à détourner l’attention de la responsabilité des organisateurs et des potentiels casseurs.
Ainsi, à quelques jours du G7, le climat politique genevois est électrique. Loin de s’entendre sur les modalités d’une manifestation pacifique, les principaux acteurs politiques sont engagés dans une guerre de communication où chacun tente de décharger sa propre responsabilité en cas de troubles. Cette polarisation risque de rendre encore plus complexe la gestion de l’événement et de ses potentielles retombées, plaçant la cité de Calvin sous haute tension avant même l’arrivée des dignitaires internationaux.
Écrit par: me@sebastiendebollivier.com
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