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Le monde académique regorge de travaux de recherche d’une complexité fascinante, souvent inaccessibles au grand public. C’est précisément ce fossé que s’efforce de combler le concours «Ma thèse en 180 secondes» (MT180), dont la finale suisse se tiendra ce jeudi à l’EPFL. Quatorze universitaires, armés de leur seul talent d’orateur et d’une diapositive, s’apprêtent à relever un défi monumental : résumer cinq années d’investigations pointues en seulement trois minutes. Un exercice qui demande une maîtrise parfaite de la vulgarisation, transformant des titres abscons comme «Étude de l’échec de la reperfusion par la mesure de la réactivité cérébrovasculaire avec IRM fonctionnelle BOLD chez les patients atteints d’AVC ischémique aigu après thrombectomie mécanique réussie» en récits compréhensibles et engageants pour un public varié, allant des experts aux néophytes.
Au-delà de la performance scénique, MT180 est une véritable école de communication pour ces futurs chercheurs. Mallory Schaub (UNIGE) et Anouk Pfanzelter (EPFL), coresponsables de l’événement, soulignent l’importance de cet entraînement : «L’objectif est de rendre accessibles au grand public les recherches des doctorants. Cela les force aussi à prendre du recul sur leurs travaux.» Cet impératif de synthèse pousse les participants à affûter leur esprit critique et leur capacité à identifier l’essence de leur sujet. Pour Julie Bévant, doctorante en littérature française médiévale à l’UNIGE, condenser une thèse de 533 pages en 180 secondes a été l’occasion de «vaincre ma timidité naturelle et à sortir de ma zone de confort», tout en partageant ses découvertes, comme la «version Tinder du 15e siècle», avec un auditoire élargi.
La préparation à un tel événement est intense et exigeante. Julie Bévant a fait appel à un coach privé et a maintes fois testé son texte devant ses proches et son miroir. Les conseils reçus lors des ateliers, comme «Fais la conne !», l’ont aidée à se libérer et à adopter une posture plus dynamique, sans pour autant sacrifier le sérieux académique de son travail. De son côté, Camille Lambert, doctorante en sciences de la vie à l’EPFL, a répété son exposé sur la traque des cellules cancéreuses «des centaines de fois, sous la douche, en cuisinant, dans le métro». Ces efforts soulignent une conviction profonde : «Parvenir à vulgariser les faits scientifiques est plus important que jamais dans un monde où règnent les fake news. Les scientifiques doivent s’adapter aux modes de communication actuels pour faire entendre leur voix.» Loin de simplifier à l’excès, MT180 dote les chercheurs d’outils essentiels pour défendre la science et son rôle crucial dans la société.
Écrit par: me@sebastiendebollivier.com
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