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Santé animale : Genève en alerte face aux nouvelles menaces et au spectre de la rage

todaymai 16, 2026 20 5

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Depuis 2015, le rôle de Michel Rérat, vétérinaire cantonal de Genève, a connu une mutation profonde. Jadis centré sur la surveillance des animaux domestiques et d’élevage, son mandat s’étend désormais à la gestion des épizooties affectant la faune sauvage et à la protection animale, avec une préoccupation grandissante pour les maladies émergentes. Ces dernières, souvent liées au dérèglement climatique, et l’augmentation des importations illégales d’animaux, posent des défis inédits. Car si la mission première est la santé animale, le but ultime de ces efforts est bien la santé publique humaine.

Les enjeux sont considérables. La rage, par exemple, fléau mondial, cause encore près de 60’000 décès annuels, principalement en Asie et en Afrique. Sa réintroduction en Suisse, bien que faible, reste la crainte majeure du canton. À cela s’ajoutent des menaces comme la dermatose nodulaire bovine, une épizootie qui, si elle s’installait dans la région, aurait un impact économique dévastateur sur les filières laitières et fromagères. Face à ces risques, Michel Rérat insiste sur un point crucial : le « facteur humain » et le comportement de chacun sont devenus les piliers de la prévention.

La vigilance est d’autant plus capitale que Genève, avec son aéroport international, est une porte d’entrée potentielle pour des animaux porteurs de maladies. Rien que depuis janvier, 83 dossiers d’importations non conformes ont été recensés. Souvent, les propriétaires agissent « de bonne foi », ramenant des animaux trouvés à l’étranger, ignorant les risques sanitaires. Cependant, les conséquences peuvent être dramatiques : la rage ne se traite pas, et son diagnostic post-mortem implique l’euthanasie de l’animal. Les alternatives, telles qu’une quarantaine prolongée et coûteuse (25 francs par jour pendant 180 jours), sont rarement viables et n’offrent pas une certitude absolue, rendant le renvoi de l’animal dans son pays d’origine la solution la plus efficace.

La mobilisation collective est donc essentielle. Michel Rérat appelle à une sensibilisation accrue de tous – propriétaires d’animaux, vétérinaires et éleveurs – car la prévention des calamités sanitaires repose avant tout sur les comportements individuels. L’exemple de la dermatose nodulaire en Savoie en juin 2025, qui a nécessité une vaccination massive du cheptel bovin, souligne l’urgence et l’ampleur des mesures à prendre lorsqu’une maladie s’installe. C’est par cette vigilance partagée que Genève pourra continuer à protéger sa population et son économie agricole.

Écrit par: me@sebastiendebollivier.com

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