Les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de décès en Suisse, avec environ 20 000 morts recensés en 2024. Pourtant, ces pathologies ne touchent pas les hommes et les femmes de la même manière. Pour mieux prendre en compte ces différences, les Hôpitaux universitaires de Genève vont ouvrir un pôle spécialisé consacré à la santé cardiovasculaire des femmes.
Ce nouveau centre sera inauguré le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. L’objectif est d’améliorer la prévention, le diagnostic et la prise en charge des patientes. Une telle structure existe déjà dans certaines villes suisses comme Bâle, Zurich ou Berne, mais il s’agira d’une première en Suisse romande.
Les spécialistes rappellent que les symptômes d’un infarctus peuvent se manifester différemment chez les femmes. En plus de la douleur ou de la pression dans la poitrine, elles peuvent ressentir des nausées, des vomissements, un essoufflement ou encore une forte transpiration. Ces signes étant parfois moins évidents, les femmes consultent souvent plus tard que les hommes, ce qui augmente les risques.
Certaines particularités biologiques jouent également un rôle. Le cœur féminin est généralement plus petit et l’accumulation de cholestérol ne se produit pas toujours dans les mêmes artères. Les hormones, notamment pendant la grossesse, peuvent aussi influencer certains facteurs de risque.
Les professionnels de santé évoquent aussi un phénomène appelé « pudeur thoracique ». Dans certaines situations d’urgence, des témoins hésitent à pratiquer un massage cardiaque sur une femme par gêne ou par crainte de devoir découvrir sa poitrine. Selon plusieurs études, les femmes victimes d’un arrêt cardiaque en public auraient ainsi environ 27 % de chances en moins de recevoir une réanimation immédiate.
La création de ce centre vise donc à mieux informer le public et à adapter les soins afin de réduire ces inégalités face aux maladies du cœur.

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