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Maladie à vie dans les dossiers : la Suisse face au tabou du droit à l’oubli médical

todayjanvier 22, 2026 5

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En Suisse, une maladie grave ne s’efface jamais vraiment. Même des années après un cancer, un diabète ou un accident lourd, les personnes concernées restent tenues de déclarer leur passé médical lorsqu’elles souhaitent souscrire une assurance privée, qu’il s’agisse d’une complémentaire santé, d’une assurance vie ou d’une perte de gain. Contrairement à plusieurs pays européens, aucun droit à l’oubli médical n’existe, et cette réalité alimente aujourd’hui un débat politique de plus en plus vif.

Les questionnaires des assureurs passent au crible opérations, traitements, médicaments ou examens passés, parfois très anciens. Pour de nombreux patients, ces antécédents deviennent un frein durable, voire définitif, à l’accès à certaines couvertures. Les réponses des compagnies varient : acceptation sans condition, surprime, exclusions en cas de rechute ou refus pur et simple. Une incertitude qui pèse lourd, notamment sur les indépendants.

Mathilde, psychothérapeute indépendante, en a fait l’amère expérience. Quinze ans après un premier cancer, elle pensait ce chapitre clos. Mais la découverte d’une rechute a ravivé une double angoisse, médicale et financière. Faute d’assurance perte de gain, elle a dû puiser dans ses économies et réduire son activité. Malgré son parcours et le temps écoulé, aucune assurance n’a accepté de la couvrir, même avec des réserves. Une situation qu’elle vit comme une profonde injustice, estimant ne pas bénéficier des mêmes chances que les autres travailleurs indépendants.

Pour les associations de patients, ce système entretient une forme de discrimination durable. Ailleurs en Europe, une dizaine de pays ont pourtant tranché la question. En France, en Belgique, en Italie ou en Espagne, un délai est prévu après lequel les anciennes maladies, notamment les cancers, n’ont plus à être déclarées ou ne peuvent plus être prises en compte par les assureurs. Un mécanisme qui facilite l’accès aux assurances et au crédit, et que la Suisse n’a pas encore adopté.

La question est désormais sur la table du Parlement fédéral. Une motion déposée en décembre propose de limiter à cinq ans l’obligation de déclarer des antécédents médicaux pour certaines assurances. Les assureurs s’y opposent, redoutant une hausse généralisée des primes et défendant un système basé sur l’évaluation individuelle des risques. Le Conseil fédéral devra se positionner dans les prochaines semaines.

Entre protection des assurés, équité sociale et modèle économique des assurances, le débat ne fait que commencer. Mais pour de nombreuses personnes touchées par la maladie, l’enjeu est clair : pouvoir enfin tourner la page sans rester prisonnières de leur passé médical.

Écrit par: Premium Radio

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